Excédent brut d’exploitation (EBE) : définition et calcul

L’excédent brut d’exploitation (ou EBE) est un des « soldes intermédiaires de gestion » (indicateur et écriture comptable) les plus connus. L’EBE est généralement considéré comme le seul indicateur global indiquant la rentabilité économique d’une entreprise. On le définit parfois aussi comme l’indicateur de « cash-flow » d’une entreprise. Il s’obtient en ajoutant à la valeur ajoutée (qui est un autre indicateur important voir ci-dessous ), les subventions d’exploitations éventuellement reçues et en enlevant à tout ceci les salaires et charges sociales puis les impôts (à l’exception de la TVA et des impôts sur les bénéfices).

  1. Principes de l’EBE
  2. Intérêts de l’EBE

excédent brut d'exploitation (EBE)


Principes de l’EBE

Rappel : Valeur ajoutée = Marge commerciale (ventes – achats) + Valeur de la production de l’exercice – Valeur des consommations intermédiaires de l’exercice.

Si on raisonne à partir des lignes du compte de résultat, on a :

Valeur ajoutée = Marge commerciale + Production de l’exercice – Achats d’approvisionnements    ± Variation des stocks d’approvisionnement   – Frais accessoires d’achat d’approvisionnement   + Rabais, remises et ristournes obtenus sur achats d’approvisionnements   – Consommations en provenance des tiers   + Rabais, remises et ristournes obtenus sur services extérieurs  

Si l’on en revient à l’EBE, on a donc concrètement :

EBE = Valeur ajoutée  + Subventions d’exploitation   – Impôts, taxes et versements assimilés   – Charges de personnel

NB : chacun de ces indicateurs correspond à des lignes précises du compte de résultat. Il en résulte qu’à la différence par exemple de l’Ebitda, l’EBE est un indicateur beaucoup plus fiable en comptabilité française et donc en analyse des entreprises tenant une comptabilité d’obédience française.

Intérêts de l’EBE

L’intérêt principal de l’EBE est de mesurer la performance économique d’une entreprise en ce qui concerne uniquement son exploitation. Avec l’EBE, à la création d’une entreprise, lors de son achat ou lors d’une levée de fonds, demande de crédit ou autre refinancement, on voit clairement quelle est sa capacité réelle à créer du bénéfice par son activité principale.

Ainsi, l’EBE permet notamment la comparaison avec d’autres entreprises car on enlève de son calcul non seulement les charges et produits qui sont décidés en matière d’endettement ou d’amortissement (c’est-à-dire des éléments qui peuvent changer d’une entreprise à une autre) mais aussi les produits ou charges exceptionnels et impôts directs. Connaître l’EBE de ses concurrents est extrêmement intéressant car on devine ainsi leur rentabilité commerciale.

On utilise par exemple le ratio EBE/Chiffre d’affaires ou EBE/Production si on est dans le secteur industriel afin de mesurer la performance d’une entreprise. On peut aussi utiliser le rapport EBE/Capitaux investis pour mesurer concrètement la rentabilité brute (mais réelle) d’un investissement. Attention car il faut dans certains cas corriger l’EBE pour l’utiliser de manière intelligente lors d’une analyse comparative.

Par exemple, dans les activités à forte main d’œuvre, il faut ainsi parfois considérer dans quelle ligne comptable sont comptés les frais d’interim ou de personnel extérieur ou de sous-traitance pour que la comparaison soit juste, si la manière de considérer ces frais n’est pas la même. Autre exemple, les frais de leasing étant considérés comme des frais financiers, ils n’entrent pas dans le calcul de l’EBE, ce qui peut changer une comparaison entre sociétés qui utilisent beaucoup de véhicules.

Excédent brut d’exploitation (EBE) : définition et calcul
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