Faire sa comptabilité est un véritable métier et une spécialisation qu’il ne faut pas sous-estimer. En France, elle est décrite par le PCG (plan comptable général français). L’usage et le respect des normes de comptabilité permettent la lisibilité des comptes et bilans de l’entreprise, ainsi que leur transparence. Les contenus des livres de comptes doivent être représentatifs de la situation réelle de l’entreprise. Chaque élément dispose des justificatifs qui y sont relatifs. Les différents éléments que nous vous décrivons dans cet article permettent de vous familiariser avec la comptabilité d’entreprise et les écritures comptables.

Ecriture comptable : qu’est-ce que c’est ?

La saisie d’écritures comptables consiste à transcrire les flux financiers d’une entreprise à l’intérieur des livres de comptes. La méthode doit être rigoureuse et suivre les normes d’usage. Pour comprendre les éléments suivants, vous devez être familiarisé avec les fichiers des écritures comptables, ainsi que le principe de la partie double.

Comptabilisations liées aux immobilisations et aux amortissements

Le patrimoine de l’entreprise est inscrit dans sa comptabilité en tant qu’immobilisation. Cette dernière subit un état d’usure, une décote… qui provoque alors son amortissement. C’est sa perte de valeur. Elle doit figurer dans les résultats présentés à chaque clôture d’exercice fiscal. On distingue les immobilisations corporelles (bien matériels) et les immobilisations incorporelles (brevets, licences, etc.).

Comptabilisation des créances et dettes

La créance est la somme qu’un tiers doit à l’entreprise, et la dette est celle qui devra être réglée à un tiers. On parle d’obligation envers le créancier. On parle de créances ou dettes financières pour celles qui correspondent par exemple aux emprunts auprès d’une banque (compte « emprunts et dettes assimilées »), comme le cas de la loi Dailly. Les autres, liées aux activités de l’entreprise avec ses fournisseurs et clients, sont dites non financières (compte « fournisseurs et comptes rattachés », « sécurité sociale et autres organismes sociaux », etc.).

Comptabilisation des opérations bancaires

Selon les modes de paiement, la comptabilisation des opérations bancaires demande une attention différente. La date de l’opération, et sa nature sont deux critères permettant la comptabilisation d’une opération bancaire. On crédite et/ou débite les comptes « banque », « clients », « fournisseurs » selon la situation qui convient. Chaque mode de paiement dispose de comptes spécifiques à prendre en compte dans la saisie des écritures comptables.

Affectation comptable des charges

Une entreprise a de différents types de charges, qui permettent son fonctionnement et le maintien de son activité. Elles peuvent être liées à la gestion financière de la société, aux achats, ou encore aux impôts. Chacune de ces opérations dispose de son compte spécifique dans lequel il faut ventiler la charge. Les charges réalisées à titre exceptionnel sont traitées à part.

Comptabilisation des provisions

La notion de provision désigne les charges que l’entreprise projette. C’est un passif pour lequel il n’y a pas d’échéance ou de valeur encore définitives. La provision est différente de la charge ou de la dette, car l’on connait pour ces derniers les échéances demandées et les montants concernés. Parmi les provisions courantes, il y a celles pour les impôts, les charges, ou encore pour litiges lorsque l’entreprise est amenée à être financièrement sanctionnée devant un tribunal.

Comptabilisation des opérations affectant les capitaux propres

Les capitaux propres de l’entreprise correspondent lors du bilan à ce qu’elle détient réellement. Parmi les opérations qui affectent ces capitaux, les associés qui ne se versent pas de dividendes et gardent en réserve des bénéfices font alors augmenter les capitaux propres. Le capital, les bénéfices, les réserves, le report à nouveau (par décision en assemblée générale) forment les capitaux propres. Lorsque les capitaux propres baissent de façon significative, il y a risque de faillite.

Ecriture comptable et calcul de la rémunération

La rémunération du dirigeant d’une entreprise, et des associés ou actionnaires doivent être représentés dans les comptes de l’entreprise. Elle affecte directement la situation financière de la structure, et ne doit pas excéder les capacités réelles de l’entreprise.

Versement de dividendes

Les dividendes désignent les versements que s’accordent les dirigeants d’une entreprise à partir du bénéfice dégagé.

Distribution de dividendes en numéraire

Le versement en numéraire est le plus courant et le plus naturel pour la plupart des dirigeants d’entreprise. Ces derniers reçoivent les dividendes nets, auxquels ont été retirées les taxes et cotisations dont l’entreprise est redevable au titre de cette rémunération. Les différents comptes concernés sont « associés – dividendes à payer », « banque » et « État – impôts à recouvrer sur associés ». Le compte des dividendes à payer est débité pour créditer celui du compte courant des associés.

Distribution de dividendes en nature

Elle est similaire à la cession d’un actif, car de façon concrète, il s’agit de transmettre au dirigeant d’entreprise une immobilisation. Sont débités les comptes « associés – dividendes à payer », « amortissement des immobilisations », « valeur nette comptable des immobilisations cédées ». En contrepartie, les comptes « immobilisations » et « prix de cession des immobilisations cédées » qui sont crédités.

Distribution de dividendes en actions

Ne sont concernées que les entreprises par actions. Les SARL ne peuvent donc pas rémunérer les associés en actions. Même pour les SAS et SA, les statuts doivent prévoir ce mode de rémunération. Comme précédemment, le compte « associés – dividendes à payer » est débité, tandis qu’ici ce sont les comptes « capital » et « prime d’émission » qui sont créditées. Il est important de noter que la distribution de dividendes en actions impacte le montant du capital de l’entreprise, ainsi que mécaniquement le résultat net par action.

Revenu du dirigeant

Les revenus du dirigeant dépendent du régime fiscal de l’entreprise. Si votre entreprise est soumise à l’impôt sur le revenu (IR) ou à l’impôt sur les sociétés (IS), le revenu du dirigeant n’est pas considéré de la même manière dans les comptes.

Rémunération des dirigeants assimilés salariés

Un dirigeant assimilé salarié comme c’est le cas pour le Président de la SAS perçoit des salaires, même s’il ne cumule pas son mandat social avec un contrat de travail. Il peut également se voir distribuer des dividendes en fin d’exercice social et par décision en assemblée générale. À noter que durant ses 5 premiers exercices, la SAS a le choix d’être soumise à l’impôt sur le revenu et sur option. On considère alors que les bénéfices de l’entreprise sont les revenus des dirigeants, au prorata de leurs actions.

Rémunération des dirigeants non salariés

Les dirigeants non-salariés, aussi appelés TNS (travailleurs non salariés) peuvent bénéficier de salaires que dans des cas précis de cumul du mandat social avec un contrat de travail. Cela n’est pas possible pour les associés majoritaires, comme c’est le cas pour le gérant d’une SARL. Lorsque l’entreprise est soumise à l’IR, le dirigeant perçoit les bénéfices en proportion de sa participation au capital social. Mais si elle est soumise à l’IS, il se rémunère au titre de son mandat social. Le montant est formalisé dans un procès-verbal d’assemblée générale ou dans les statuts. En fin d’exercice, il peut également se verser des dividendes. Ils devront alors être comptabilisés comme cela a été présenté précédemment.

Taxation des dividendes

Les dividendes présentent un mode de rémunération soumise à taxation obligatoire. Selon les projets des dirigeants, ils choisiront le mode de rémunération qui leur semble le plus avantageux pour eux et pour l’entreprise. À partir de 2018, la taxation des dividendes change. Par défaut, ils sont soumis à un forfait unique de 30 % aussi appelé flat tax. Selon les revenus correspondants, le dirigeant peut choisir d’être soumis à un barème progressif, lui permettant alors de bénéficier d’un abattement sur les dividendes bruts et une CSG déductible.

Il faut différencier les tâches courantes de la comptabilité d’entreprise avec celles qui consistent à mettre en place le bilan et les comptes de résultat en vue de la clôture de l’exercice. La gestion quotidienne permet cependant d’anticiper la réalisation des bilans, dont le dépôt est obligatoire chaque année. Selon les échéances que vous avez choisies pour vos déclarations (acomptes sur impôts, acomptes sur TVA, etc.), vous aurez pour obligation de vous pencher régulièrement sur votre comptabilité. Compte tenu de la complexité de cette tâche, et de la rigueur qu’il est nécessaire d’assurer, le point de vue d’un expert-comptable est indispensable.